L'âme du lieu

 

Épicentre mondain des années vingt qui vit danser, chanter et battre le cœur du Tout-Paris, rendez-vous des artistes, écrivains, musiciens, créateurs et grands couturiers, Le Bœuf sur le toit demeure le gardien raffiné de l’esprit parisien Tendance Rive Droite.

 

Le tout-Paris chante et danse au Boeuf sur le Toit

 

dessinL’histoire du Bœuf sur Le Toit est intimement liée à celle d’une joyeuse bande de poètes et de musiciens réunis chaque samedi soir autour de Cocteau et Milhaud dans l’enthousiasme exubérant du jazz et du dadaïsme triomphant. Lorsque le jeune Louis Moysès recrute Jean Wiener, ami pianiste de Milhaud, dans le petit bar qu’il inaugure rue Duphot en 1921, ces « Samedistes » un peu à l’étroit en font spontanément leur lieu de rendez-vous. Victime d’un succès fulgurant, le Gaya emmène donc ailleurs son gai public envahissant.

Accrochant plus loin une nouvelle enseigne, Moysès, émerveillé par sa bonne fortune, la place sous les auspices de Cocteau et Milhaud. Ce sera Le Bœuf sur le Toit, du refrain brésilien qui avait inspiré peu de temps auparavant leurs célèbres opus et ballet éponymes. Pendant près de vingt ans, de vacarmes en rires et de danses en cocktails, le Bœuf sautillera cinq fois sur les toits du VIIIe arrondissement avant de s’établir rue du Colisée en 1941, entraînant à sa suite un cortège à la mode, élégant et fidèle.

 

"On se fait un boeuf ?"

 

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Théâtre des fins de soirées des musiciens qui s’y retrouvent pour d’infinis concerts improvisés, il donne au Jazz l’expression « faire un bœuf » - héritage probable des invitations lancées par Django Reinhardt à ses comparses en fin de concerts : « on se fait un bœuf ? ». D’un soir à l’autre, la Fée Cocteau s’y essaye à la batterie offerte par Coco Chanel ; Juliette Greco pousse les chansonnettes de sa gloire ; Charles Trenet et Léo Ferré mettent des poèmes en musique…

Témoin des Années Folles dans leurs moindres excès, réceptacle glorieux de la fureur de vivre de l’Entre-deux-guerres, Le Bœuf sur le Toit demeurera, de périodes fastes en années sombres, le temple convivial des idées d’avant-garde et le refuge insolent et joyeux d’une liberté triomphante. Emporté par l’ivresse d’un Paris en fête, il célèbre à perpétuité les Arts et les arts culinaires.

 

 

 

 

Crédits photo : 1ère photo : ©Collection Bœuf sur le Toit, Droits réservés ; 2nde photo : Droits réservés.

Textes: Georges Viaud, chargé du patrimoine de la Brasserie Boeuf sur le Toit et Florence Coupry.